Tebboune et le piège de la majorité !

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   La nouvelle Assemblée nationale, élue (officiellement) à 23% des suffrages, est « illégitime » de l’avis de tous les observateurs, y compris ceux qui croyaient au projet de « l’Algérie nouvelle » comme Djilali Soufiane, président de Jil Jadid.

Pourtant, c’est avec cette APN qu’Abdelmadjid Tebboune est appelé à travailler dans un futur proche. Le chef de l’Etat a besoin d’une majorité. Mais laquelle ? Il a misé sur la victoire des indépendants et il a eu droit à un P-FLN avec 105 sièges. Un parti duquel il a tenu à garder distance depuis son accession au pouvoir en décembre 2019.

Samedi, un groupe de députés a lancé une initiative pour former une majorité présidentielle au sein du Parlement. Dirigé par Yacine Merzougui, le « Rassemblement El-Hisn El-Matine » qui a obtenu 27 sièges, espère « parvenir à un minimum de consensus avec les partis politiques à l’effet de composer un groupe de soutien au président de la République dans la gestion de la prochaine phase ». À ses cotés, on trouve Aissa Belhadi du Front de la bonne gouvernance (FBG) et Lamine Osmani de Sawt Echaab.

Mais, de sources fiables l’on apprend que Tebboune ne veut pas –du mois pour l’instant- d’une telle majorité dirigée par des inconnus au bataillon. Surtout pas d’amateurs politiques de Belhadi que les algériens ont découvert avec sa fameuse déclaration sur « les candidates fraises sélectionnées ». Et pour qu’ils forment une majorité, ces indépendants ont besoins d’autres partis.

Sur ce plan, le locataire du palais d’El Mouradia n’a pas l’embarras du choix. C’est comme choisir entre la peste et le choléra. Au mieux, Abdelmadjid Tebboune sera appelé à cohabiter avec El Bina de Bengrina (40 sièges) et El Moustakbal de Bélaid (48 sièges) et au pire, il se retrouvera avec le FLN de Baâdji (105 sièges) et le RND de Tayeb Zitouni (57 sièges) ; deux symboles de la déliquescence politique du régime sous Bouteflika.

Toutes ses formations politiques ont affiché leur désir d’entrer dans un gouvernement de coalition. Même le MSP d’Abderrezak Makri (64 sièges), ne trouve pas d’inconvénients à faire son ‘’comeback’’. Bien que des sources estiment qu’on réserve d’ores et déjà au parti islamiste un rôle plus important : être l’opposition de façade dont a tellement besoins l’Assemblée nationale, au risque de paraitre, cette fois-ci officiellement, sur sa véritable valeur de chambre d’enregistrement.   

En fin de compte, Abdelmadjid Tebboune qui croyait pouvoir gagner une légitimité jamais acquise, à travers une APN forte et surtout différente de celles des quotas, est tombé dans le piège de sa propre élection. Les résultats de ce scrutin ne lui offrent pas une bonne alliance.  Encore moins une majorité servie sur un plateau comme il le souhaitait. Déjà qu’il a déclaré ne prêter aucune importance au taux de participation, même s’il s’agisse d’une petite minorité d’algériens, Tebboune fait face à un problème d’un autre genre. La faible composante de la chambre basse du Parlement…

Ahmed Ouali    

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